En coulisses, chasseurs et défenseurs inconditionnels du loup planchent actuellement sur le projet de révision de l’ordonnance fédérale sur la chasse. L’enjeu: les dégâts causés au gibier doivent-ils être pris en compte pour permettre le tir d’un loup?
En Valais, où les fonds de vallée constituent un piege mortel pour le gibier en hiver, coincé qu’il est entre la meute de loup et la couche de neige, les chasseurs et l’autorité militent évidemment pour que les grands prédateurs soient eux aussi régulés. C’est la condition pour que sa faune d’une richesse exceptionnelle continue à être ce qu’elle est. A savoir un atout touristique incontestable et une manne financière de plus de 2,5 millions (vente des permis de chasse) par année.
La Suisse connaît actuellement deux systèmes de gestion de la faune: régulation de la faune par la chasse ou (là où la chasse a été interdite) par des tirs de régulation effectués par des fonctionnaires du service de la faune. Genève, qui a interdit la chasse en 1974, a choisi la deuxième solution. Sans contrôle, les sangliers feront des dégâts infernaux dans les cultures. Pour maîtriser la population de sangliers, les garde-faune genevois ont abattu en 2008 516 bêtes! Un record absolu au plan suisse compte tenu de la surface du canton! Sans compter les coûts que cette solution génère pour le contribuable: les 16 garde-faune genevois passent 20% de leur temps à tirer du gibier causant du dégâts aux cultures!
4500 tonnes de chasse importée!
Face à la dure réalité des chiffres, Pro Natura attaque la chasse en décrétant : » La chasse et la pêche sont de nos jours surtout des loisirs et n’assurent plus, comme il y a cent ans, la subsistance pour une grande partie de la population« . Cette affirmation est gratuite. Jamais la demande de viande de chasse n’a été aussi forte en Suisse, à tel point que la chasse indigène ne représente que moins de 20% de la viande de gibier consommée en Suisse.
La production indigène moyenne de gibier se monte à environ mille tonnes par année. En 2008, les importations de viande de chasse représentaient 4573 tonnes (source Proviande). Ce gibier importé provient essentiellement d’Europe (surtout des pays de l’Est), mais aussi de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud! On peut être Pro Natura et encourager l’importation de milliers de tonnes de viande par année…
Viande très saine
Selon Benoît Violier, le successeur prochain de Philippe Rochat à Crissier, la chair du gibier est globalement plus saine, sensiblement moins grasse et plus riche en oligo-éléments que celle des animaux d’élevage. «L’alimentationde la faune sauvage, loin des dérapages parfois dramatiques de l’élevage de masse, est souvent un modèle de diététique», ajoute Benoît Violier: «On ne peut imaginer de menu plus sain que celui d’un chamois ou d’un tétras-lyre!»

Benoît Violier a publié «La cuisine du gibier à poil d’Europe» aux Editions Gerfaut. Un ouvrage de référence pour les amateurs et les professionnels de la cuisine de chasse.
En fait, derrière son argumentation spécieuse, Pro Natura cherche toujours et surtout à supprimer la chasse. Les récentes « ouvertures » manifestées en direction des chasseurs ne sont que poudre au yeux et écran de fumée.
Jean Bonnard